Deux heures avant une séance, le choix de la collation peut faire toute la différence entre une séance productive et un entraînement plombé par la digestion. Je l’ai compris très tôt dans ma pratique : au poste de centre, les appuis explosifs et les prises de contact répétées ne pardonnent pas une alimentation bâclée. Ce que vous mangez dans la fenêtre des deux heures qui précèdent l’effort conditionne immédiatement votre capacité à encaisser les chocs, accélérer et tenir sur 80 minutes.
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Comprendre ses besoins énergétiques selon son poste
Le rugby est un sport hybride qui sollicite deux systèmes énergétiques distincts : la filière anaérobie pour les efforts explosifs (plaquages, sprints, rucks) et la filière aérobie pour tenir la durée d’un match complet. Ces deux filières n’ont pas les mêmes carburants, et vos besoins varient radicalement selon votre rôle sur le terrain.
Un avant du pack, souvent entre 100 et 120 kg, parcourt environ 5 km par match dans une guerre de position à faible vitesse mais à très haute intensité physique. Un arrière, lui, tourne plutôt entre 75 et 95 kg et couvre 7 à 8 km, avec beaucoup plus de sprints à haute vitesse. Ces deux profils n’ont pas les mêmes exigences glucidiques ni protéiques.
Les recommandations en protéines oscillent entre 1,6 et 2,2 g par kg de poids de corps pour un rugbyman. Pour un joueur de 100 kg, cela représente 160 à 220 g de protéines quotidiens, à répartir en prises de 20 à 40 g toutes les 3 à 4 heures. Les besoins glucidiques, eux, dépendent de la charge d’entraînement :
| Charge d’entraînement | Apport glucidique recommandé |
|---|---|
| Journée légère ou repos | 3 à 4 g/kg de poids de corps |
| Entraînement modéré | 4 à 5 g/kg de poids de corps |
| Entraînement intense ou veille de match | 6 à 8 g/kg de poids de corps |
Pour les joueuses, un point supplémentaire mérite attention : les pertes en fer liées aux cycles menstruels et aux chocs répétés augmentent le risque d’anémie. Associer systématiquement une source de vitamine C aux repas contenant du fer (lentilles, viande rouge) permet de tripler l’absorption du fer végétal. C’est un détail que j’ai appris à ne plus négliger dans ma planification de programme sportif.
Quelle collation manger deux heures avant l’entraînement de rugby
La règle de base : tout repas doit être terminé 2 à 3 heures avant l’effort pour que la vidange gastrique soit totale. Jouer avec l’estomac plein génère lourdeurs, nausées et points de côté, en plus de détourner l’énergie musculaire vers la digestion. Voici les meilleures formules selon le délai disponible.
Entre 2 et 3 heures avant l’entraînement, privilégiez un repas léger mais complet combinant glucides complexes et protéines maigres :
- Sandwich au pain total avec volaille et salade : glucides à diffusion lente, protéines maigres, faible charge en graisses saturées.
- Omelette aux œufs avec rôties de blé complet, avocat et fruit frais : protéines de qualité, bons lipides en petite quantité, sucres naturels.
- Riz brun avec poulet grillé et légumes cuits : la base la plus fiable pour les entraînements intenses, surtout pour les avants.
Entre 45 et 60 minutes avant l’effort, passez à des aliments plus faciles à digérer, orientés glucides rapides et protéines légères :
- Smoothie protéiné (lait végétal, banane, petits fruits, poudre de protéines)
- Flocons d’avoine avec banane et quelques amandes
- Yaourt grec avec fruits frais
- Sandwich de beurre d’amandes naturel avec confiture et pain complet
La banane reste l’aliment emblématique du sport : facilement digestible, riche en potassium, elle prévient les crampes musculaires et fournit des glucides rapidement disponibles. Je la glisse systématiquement dans mon sac d’entraînement. Moins d’une heure avant, un yaourt à boire (type Yop), une compote de fruits ou une barre contenant glucides et protéines suffisent sans alourdir.
Pour ceux qui manquent de temps, voici une recette rapide de gâteau sport maison : mélangez 250 g de farine, 150 g de miel, un demi-sachet de levure et 200 ml de lait, ajoutez des fruits secs, cuisez 30 minutes à 180°C. Ce gâteau peut être consommé jusqu’à 1h30 avant l’effort.
Aliments à éviter et hydratation avant l’effort
Certains aliments sabotent la performance avant même le coup de sifflet. À bannir absolument dans les heures précédant un entraînement ou un match :
- Graisses saturées en excès : charcuteries industrielles, fritures, viennoiseries
- Aliments fermentescibles : légumineuses, sodas, légumes crus en grande quantité
- Plats copieux et épicés : viandes rouges grasses, raclette, fondue
- Alcool : déshydratation par effet diurétique, perturbation du sommeil, blocage de la synthèse protéique
L’hydratation, souvent sous-estimée, conditionne autant la performance que l’alimentation. Buvez au minimum 1,5 litre d’eau par jour hors activité physique, et visez 2 litres quotidiens les jours ordinaires. Avant l’entraînement, deux grands verres d’eau suffisent. Pendant la séance, quelques gorgées à chaque arrêt de jeu ; évitez d’avaler 500 ml d’un coup, ce qui provoque un inconfort gastrique réel.
Pour les périodes sans compétition, CBD comme aide à la récupération : la question mérite réflexion, à condition de bien comprendre les règles antidopage en vigueur.










