Passé 35 ans, le rugby demande une adaptation complète de votre approche d’entraînement. Vos capacités physiques évoluent naturellement, nécessitant des exercices spécifiques de prévention des blessures et une attention particulière à la récupération. La nutrition devient un pilier fondamental pour maintenir vos performances, tandis que préserver le plaisir de jouer reste essentiel pour votre motivation à long terme.
Sommaire
Évolution des capacités physiques après 35 ans
À partir de 35 ans, j’observe chez mes coéquipières une diminution progressive des performances maximales d’environ 1 à 2% par an. Cette réalité physiologique touche particulièrement l’endurance, la force et les aptitudes psychomotrices. Avec mon expérience de centre, je ressens davantage cette évolution lors des phases d’accélération et des contacts répétés.
L’adaptation à l’effort devient plus lente qu’auparavant. Là où je récupérais rapidement entre deux séquences intenses à 25 ans, mon organisme a désormais besoin de plus de temps pour retrouver son niveau optimal. Les capacités d’apprentissage de nouveaux gestes techniques s’amoindrissent également, ce qui m’oblige à être plus méthodique dans mon approche.
La souplesse articulaire représente un défi majeur après 35 ans. Les articulations perdent en mobilité naturelle, augmentant les risques de blessures lors des contacts ou des changements de direction brusques. Je constate cette évolution particulièrement au niveau des épaules et des hanches, zones sollicitées intensément au rugby.
| Capacité physique | Évolution annuelle après 35 ans | Impact sur le rugby |
|---|---|---|
| Force maximale | -1 à 2% | Puissance des plaquages réduite |
| Endurance cardiovasculaire | -1 à 2% | Intensité maintenue moins longtemps |
| Souplesse | -2 à 3% | Amplitude de mouvement limitée |
| Vitesse de réaction | -1% | Temps de réponse aux situations de jeu |
Exercices de prévention des blessures spécifiques
La prévention des blessures devient prioritaire dans mon programme d’entraînement. Je privilégie désormais des exercices ciblés sur le renforcement des zones à risque : genoux, chevilles, épaules et cervicales. Le travail proprioceptif occupe une place centrale avec des exercices d’équilibre sur plateaux instables.
Les étirements dynamiques avant l’entraînement préparent efficacement mes articulations aux contraintes du rugby. J’intègre systématiquement des mouvements de rotation des épaules, des flexions-extensions de genoux et des mobilisations de chevilles. Cette routine de 15 minutes minimum évite les contractures musculaires.
Le renforcement du tronc constitue la base de ma préparation physique. Un gainage solide protège ma colonne vertébrale lors des contacts et améliore ma transmission de force. Je pratique quotidiennement :
- Planches frontales et latérales variées
- Exercices de rotation contrôlée du buste
- Travail des muscles profonds avec ballons
- Renforcement des fessiers et des ischio-jambiers
L’échauffement prolongé devient indispensable. Alors qu’un échauffement de 10 minutes suffisait à mes débuts, je consacre maintenant 20 à 25 minutes à cette phase cruciale. La montée en température progressive prépare mon organisme aux efforts intenses et limite drastiquement les blessures musculaires.
Récupération prolongée nécessaire
La récupération entre les séances demande une attention particulière après 35 ans. Mon corps nécessite 48 à 72 heures pour récupérer complètement d’un entraînement intensif, contre 24 à 48 heures précédemment. Cette adaptation m’oblige à repenser entièrement ma planification hebdomadaire.
Je privilégie la qualité à la quantité dans mes séances. Plutôt que de m’entraîner cinq fois par semaine à intensité moyenne, je préfère trois séances de haute qualité avec des temps de récupération suffisants. Cette approche préserve mes capacités physiques tout en maintenant un niveau de performance élevé.
Les techniques de récupération active font partie intégrante de mon programme. La natation à faible intensité, les séances de yoga et les étirements prolongés accélèrent l’élimination des toxines. J’ai également intégré des méthodes de récupération naturelles comme le CBD pour optimiser ma récupération musculaire.
Le sommeil devient crucial pour ma performance. Huit heures de sommeil minimum garantissent une récupération hormonale optimale et une régénération musculaire efficace. Je respecte des horaires réguliers et évite les écrans avant le coucher pour améliorer la qualité de mon repos.
Nutrition adaptée à l’âge
L’alimentation post-35 ans nécessite des ajustements spécifiques pour maintenir mes performances rugbystiques. Mon métabolisme ralentissant naturellement, je porte une attention particulière à la répartition de mes macronutriments et au timing de mes repas.
Les protéines prennent une importance accrue pour préserver ma masse musculaire. Je consomme 1,6 à 2 grammes de protéines par kilogramme de poids corporel, répartis sur mes quatre repas quotidiens. Les sources variées incluent viandes maigres, poissons, œufs et légumineuses.
L’hydratation devient cruciale car mes capacités de rétention d’eau diminuent avec l’âge. Je bois minimum 3 litres d’eau par jour, augmentés lors des séances d’entraînement. Les électrolytes perdus pendant l’effort sont compensés par des boissons adaptées ou des compléments naturels.
Les anti-inflammatoires naturels occupent une place centrale dans mon alimentation. Curcuma, gingembre, poissons gras riches en oméga-3 et fruits rouges limitent les inflammations articulaires liées à l’âge et à l’intensité du rugby. Cette approche nutritionnelle complète parfaitement mon programme de récupération.
Plaisir de jeu à préserver
Maintenir le plaisir constitue l’élément clé de ma longévité rugbystique. Après avoir vécu l’évolution du rugby féminin depuis mes débuts, notamment lors d’événements comme la Coupe du Monde de Rugby 2023, je mesure l’importance de préserver cette passion qui me motive quotidiennement.
Je varie mes entraînements pour éviter la monotonie. L’alternance entre travail technique, physique et tactique maintient mon intérêt et stimule différents aspects de mon jeu. Cette approche ludique compense les contraintes supplémentaires liées à l’âge.
L’aspect social du rugby prend une dimension particulière après 35 ans. Les relations avec mes coéquipières, plus jeunes pour la plupart, m’apportent une énergie positive. Je partage mon expérience tout en apprenant de leur fraîcheur et de leurs nouvelles approches du jeu.
Fixer des objectifs réalistes préserve ma motivation sur le long terme. Plutôt que de chercher à retrouver mes performances de 25 ans, je me concentre sur le maintien de mon niveau actuel et l’amélioration de aspects techniques spécifiques. Cette philosophie me permet de continuer à progresser tout en acceptant les évolutions naturelles de mon corps.










